Acouphène : comment mieux l’expliquer à votre entourage ?

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L'acouphène peut être vécu difficilement, notamment lorsque la famille, les amis et les collègues n'ont qu'une idée floue de ce que représente ce symptôme.
L'acouphène peut parfois créer des incompréhensions et engendrer un repli sur soi, c'est la raison pour laquelle il est important de bien communiquer auprès de son entourage.
Selon une récente étude, près de 6 acouphéniques sur 10 estiment que leur entourage sous-évalue le problème des acouphènes. Les résultats d’une autre étude, celle menée par la Royal National Institute of the Deaf auprès de 890 patients, tendent à démontrer que près de 4 acouphéniques sur 10 pensent que leur problème impactent de manière négative la relation qu’il entretiennent avec leur conjoint. D’une manière générale, les personnes en proie à ces parasitages sonores ont naturellement tendance à penser que leur entourage ne prend pas la pleine mesure des difficultés rencontrées voire, qu’il minimise totalement l’influence négative que peut avoir l’acouphène sur la vie quotidienne. Il est néanmoins possible d’apprendre à mieux communiquer auprès de ses proches afin qu’ils prennent conscience de la nature corrosive et contraignante des acouphènes. 
 

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L’acouphène n’est pas une maladie mais un symptôme

La première information qu’il est important de partager auprès de son entourage est une clarification. En effet, on a trop souvent tendance à croire que l’acouphène est une maladie alors qu’en réalité elle est le symptôme d’une pathologie ou d’une anomalie sous-jacente. On sait aujourd’hui qu’il existe des dizaines de causes probables qui peuvent engendrer dans leur sillage un parasitage sonore de type acouphénique. Le fait de considérer l’acouphène pour ce qu’il est (un symptôme) permet de ne pas perdre de vue l’essentiel, à savoir qu’il y a très certainement quelque chose qui se cache derrière et que cette anomalie ou pathologie causale doit être, dans la mesure du possible, diagnostiquée et traitée.
Votre entourage sera d’autant plus enclin à comprendre votre gène s’il perçoit que vos acouphènes proviennent d’une cause réelle et sérieuse, même si cette dernière s’avère pour l’instant non-diagnostiquée. Afin de bénéficier d’une vue globale sur le vaste référentiel des anomalies et pathologies causales, nous vous recommandons de parcourir notre page dédiée « Acouphène : principales causes » laquelle répertorie pas moins de 44 pathologies sous-jacentes.
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L’acouphène, un symptôme répandu

Il faut savoir que la prévalence des symptômes acouphéniques au sein de la population est relativement importante. L’acouphène n’est donc pas un problème minime qui n’affecte qu’une petite minorité de personnes. Si l’on en croit l’étude menée par les Journées Nationales de l’Audition & l’institut IPSOS, une personne sur deux compterait dans son entourage quelqu’un qui souffre d’acouphène.

16 millions d’acouphéniques

Les statistiques nous apprennent en outre qu’il y aurait 16 millions d’acouphéniques dans la population Française, dont 10% serait des acouphènes dits « agressifs ». Ces chiffres témoignent de l’étendu du problème. Les communiquer à votre entourage permet de vous dé-stigmatiser et de sensibiliser vos proches. Cela permettra également aux personnes que vous côtoyez de prendre conscience que nul n’est à l’abri et qu’eux même pourraient éventuellement, un jour, être touché. L’image d’une pathologie mystérieuse cède progressivement la place à l’idée, tangible, d’un symptôme répandu qu’il convient de prendre au sérieux.
 

Bien faire la différence entre acouphènes objectifs et subjectifs  

On appelle acouphènes objectifs les manifestations sonores qu’il est possible de détecter. Par exemple, lorsque l’acouphène est du à un problème de circulation et qu’il « pulse » dans l’oreille, il sera probablement possible d’entendre celui-ci grâce à certains outils médicaux. Cependant, il est à noter que cette catégorie de symptôme est très minoritaire (5% des cas) et que la grande majorité des acouphènes entrent dans la catégorie « subjectifs ».
Ces derniers englobent donc 95% des cas. Ils sont dits subjectifs car il n’existe à ce jour aucun moyen d’entendre ce que qu’entend le patient. Cela ne signifie évidemment pas que le bruit n’existe pas, bien au contraire !

Un son fantôme… pas pour vous !

On a coutume d’entendre que les acouphènes seraient des « sons fantômes ». Or il est bien possible qu’il existe ici une ambiguïté propre créer une incompréhension dans votre entourage. Si le son est effectivement fantomatique au regard des mesures permises par les appareils de médecine, il paraît évident que le parasitage n’a plus rien de fantomatique lorsqu’il s’agit des perceptions du patient.

Un exemple concret d’acouphène subjectifs

Prenons un exemple : le cas de l’acouphène consécutif à la dégradation des cellules ciliées. Ces cellules, qui tapissent l’intérieur de la cochlée (située dans l’oreille interne), s’avèrent très fragiles et ont tendance à se dégrader avec l’âge. Résultat, le partie auditive du cerveau reçoit de moins en moins d’informations nerveuses en provenance de ces cellules. Pour compenser ce manque, le cerveau créé alors une activité nerveuse laquelle va potentiellement créer la perception d’acouphènes.
Dans ce cas précis, les outils médicaux sont proprement incapables de détecter un quelconque bruit. Et pourtant, il y a fort à parier que la sensation pour le patient est bien réelle. L’acouphène subjectif doit donc être considéré comme une réalité concrète qu’il sera vraisemblablement possible de mesurer, d’ici quelques années, grâce aux progrès de la médecine.
 

Conseils pratiques pour mieux communiquer auprès de votre entourage

Il est important que l’entourage puisse être familiarisé avec la problématique acouphénique. Cela permet de réduire les risques psychosociaux que peuvent parfois engendrer les acouphènes : repli sur soi, dé-sociabilisation, sentiment de détresse, épisodes de déprime, anxiété chronique, phase de dépression… Afin d’éviter que l’acouphène ne pèse de manière trop négative sur la vie des personnes qui en sont atteintes, il sera recommandé de sensibiliser le conjoint, la famille, les amis ainsi que tout proche susceptible d’apporter un soutien. Voici quelques conseils pratiques qui permettront d’obtenir un niveau de sensibilisation supérieur.

Faire entendre le parasitage sonore

Il peut être utile de mettre votre entourage en situation en leur faisant percevoir la réalité sensorielle de votre acouphène. Afin d’y parvenir, nous vous recommandons d’identifier un son qui devra être le plus proche possible de votre acouphène. Vous pouvez utiliser par exemple certaines applications smartphone intitulées « Générateur de fréquence » lesquelles permettent d’éditer un son personnalisé que vous pourrez faire écouter à votre entourage. Il s’agit là d’une technique immersive qui vise à fournir un échantillon concret du parasitage que vous vivez quotidiennement.
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Expliquer l’effet amplificateur du stress

Il est important que votre entourage prennent conscience que le stress est un facteur susceptible d’aggraver les symptômes acouphéniques. En effet, il se trouve que le cortex auditif qui traite les sons entretient certaines interactions nerveuses avec le système limbique qui gère les émotions. C’est la raison pour laquelle les états émotionnels toxiques tels que le stress, l’anxiété, la détresse et la colère sont de nature à accroître le volume perçu des acouphènes. On parle alors d’une saillance acouphénique plus élevée ainsi que d’une plus grande connotation aversive.
En prenant conscience de cet état de fait, votre entourage pourra mieux interpréter la gène et le malaise que vous pourrez éventuellement ressentir dans des contextes et situations potentiellement stressants.
 

Expliquer l’impact négatif de certains environnements

Il sera également utile de communiquer auprès de votre entourage afin que celui-ci comprenne que certains environnements, par exemple les contextes bruyants, sont susceptibles d’accroître considérablement la gène acouphénique.
Parfois, l’acouphène sera inaudible car couvert par le bruit ambiant mais ce type de situation peut également se révéler problématique car c’est l’anticipation d’un acouphène renforcé par l’exposition au bruit qui sera source d’anxiété et de mal-être.
 

Favoriser l’empathie sans se positionner en victime

S’il est clair qu’être atteint d’acouphène peut, dans certains cas, se révéler particulièrement handicapant, il n’en demeure pas moins qu’il faut éviter tant que faire se peut d’adopter le statu de victime. En effet, si votre entourage peut comprendre les contraintes liées aux symptômes acouphéniques, il parait judicieux d’éviter la posture victimisante laquelle peut créer l’effet inverse de celui recherché.
Bien communiquer va alimenter la curiosité ainsi que l’empathie à votre égard. En revanche, se victimiser va très rapidement briser cette curiosité ainsi que cette empathie ce qui aura pour effet de rompre la communication. C’est la raison pour laquelle il sera pertinent de toujours veiller à respecter cet équilibre afin de maintenir une saine qualité relationnelle avec votre conjoint, famille et proches.

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