La méditation est-elle efficace contre les acouphènes ?

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Méditation, stress et acouphènes
Par son action majeure et multicanal contre le stress et les états émotionnels toxiques, la méditation permet d'agir sur différentes structures cérébrales lesquelles jouent un rôle clé dans la perception et le traitement des acouphènes.

La méditation, loin d’être une pratique réservée à quelques initiés, constitue aujourd’hui une réelle option palliative dans le cadre de nombreuses pathologies. Démocratisée et débarrassée de sa connotation religieuse, elle officie aujourd’hui en tant que discipline technique aux vertus bénéfiques. Sa présence grandissante au sein des milieux hospitaliers et scientifiques témoigne de son caractère plus que sérieux. Dans le cadre de la prévention, de la régulation et du traitement des symptômes acouphéniques, la méditation s’avère être un redoutable outil. Bien utilisé, ce dernier permet d’agir sur le cerveau de manière à neutraliser les réactions anxio-dépressivesrééquilibrer le système nerveux végétatif et reprogrammer la saillance de l’acouphène. Dans ce sujet, nous verrons comment le stress entrave le traitement du patient acouphénique et comment la méditation, par son action multiple et concrète sur l’organisme, peut aider à créer un terreau favorable au mieux-être.

🖊 Voici une courte introduction vidéo. Pour plus d’informations et de détails sur ce sujet Acouphènes-méditation, nous vous invitons à parcourir le dossier complet situé sous la vidéo.

Le stress, facteur aggravant des symptômes acouphéniques

Il est de notoriété publique que le stress, cet état émotionnel induisant une tension psychique et physique, est de nature à engendrer moult complications. Qui plus est lorsque cet état dure dans le temps. On parle alors de stress chronique. Les problèmes pathologiques qui peuvent en découler vont de l’hypertension au diabète, en passant par la dépression, le burn-out ainsi que l’arthrite rhumatoïde. Il existe même un fort soupçon de corrélation entre stress chronique et certains cancers.
Ce que l’on sait moins, c’est que cet état émotionnel négativement connoté constitue également un terreau favorable pour l’apparition, l’intensification et la pérennisation des symptômes acouphéniques tels que les sifflements, bourdonnements et autres vrombissements d’oreille.
Par son action pernicieuse sur le système nerveux, la circulation sanguine, le cortex auditif ainsi que sur la synthèse du magnésium et la vitamine B6, le stress se révèle être un facteur aggravant pour toute personne atteinte d’acouphènes.
En outre, il semble également jouer un rôle important dans la transition de l’acouphène léger à sévère.
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Neuroticisme et acouphènes

Le neuroticisme est caractérisé par une tendance persistante à l’expérience d’émotions négatives. Une personne neuroticique possède une personnalité associée à des niveaux d’anxiété, de culpabilité, d’embarras, de tristesse et de déprime plus élevés. Or, il se trouve que ces états constituent généralement une réponse au stress. Le neuroticisme induirait par ailleurs une hyper-réactivité du système nerveux sympathique, lequel est étroitement lié à la perception des acouphènes.

Stress et acouphènes : le cercle vicieux

On constate donc que les états de stress aigus ou chroniques favorisent la survenue et la persistance des symptômes acouphéniques. Des études menées en ce sens viennent régulièrement confirmer cette corrélation. Mais le phénomène n’est pas unilatéral, il se trouve en effet que les acouphènes peuvent également, à leur tour, intensifier l’état de stress.
C’est une boucle de rétroaction qui présente une nette tendance à s’auto-alimenter.
Les bruits parasites peuvent souvent entraîner une excitation physiologique générale plus élevée et induire une détresse psychologique laquelle rendra le patient encore plus sensible aux acouphènes. Il y a donc urgence à briser ce cercle vicieux. C’est ici que la méditation entre en jeu.
Pour plus d’informations sur le sujet, nous vous invitons à consulter notre sujet expert « Les effets du stress sur l’acouphène : mythe ou réalité ?« 

La réduction du stress basée sur la méditation de pleine conscience

La Méditation de Pleine Conscience est une méthode qui a été développée dès 1979 par Jon Kabat Zin, éminent docteur en biologie moléculaire du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Sa clinique de réduction du stress entend accompagner des femmes et des hommes en proie au stress, à l’anxiété et à la dépression. Sa méthode connait un tel succès qu’elle est aujourd’hui proposée dans plus de 200 hôpitaux aux états-unis.

Les deux approches méditatives

Il existe deux types de méditation de pleine conscience : la réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR : Mindfulness based stress reduction) et la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT : Mindfulness based cognitive therapy), cette dernière ayant été développée par Segal, Williams et Teasdale en 2008.
Dans le cadre de la réduction des symptômes acouphéniques, c’est la MBSR de Jon Kabat Zin qui sera privilégiée car elle cible la régulation des états de stress. Néanmoins, la MBCT pourra se révéler efficace pour lutter contre les ruminations qui provoquent des insomnies et qui l’empêchent de profiter de la vie. En ramenant le degré de neuroticisme à un niveau proche de la normale, on apprend au patient à mieux gérer son anxiété, ses angoisses, sa tristesse et son stress.
Il est à noter qu’en France, ces deux approches ont été intégrées aux protocoles des hôpitaux Sainte-Anne, Pitié Salpêtrière, Georges Pompidou, Saint Antoine et de l’Institut Gustave Roussy dans le cadre du traitement de nombreux troubles psychologiques et pathologies corporels.

Objectifs : neutraliser les réactions anxio-dépressives

La méditation, notamment l’approche MBSR, est capable de neutraliser certaines réactions anxio-dépressives face à des symptômes chroniques invalidants tels que les acouphènes. Ces réactions sont le fruit d’un déséquilibre du système nerveux. Outre les nombreuses complications que cela peut induire, ce déséquilibre va grandement fragiliser la personne qui souffre d’acouphènes.
Les signaux nerveux qui parviennent au cortex auditif et qui sont responsables des symptômes acouphéniques ne sont plus filtrés. Pire, ces derniers jouissent d’un blanc-seing qui leur confère un pouvoir supérieur. La « friture », le « brouillage » acouphénique prend alors de l’ampleur.
C’est de cette manière que les réactions anxio-dépressives contribuent à alimenter la spirale infernale. Il est primordial de neutraliser ces réactions si l’on souhaite traiter efficacement la problématique acouphène.

Vers un rééquilibrage du système nerveux

Rééquilibrer le fonctionnement du système nerveux est donc une des clés pour diminuer la présence et la perception des symptômes acouphéniques. Tout l’intérêt de la méditation réside dans sa capacité à stimuler le système nerveux parasympathique lequel constitue, rappelons-le, le mécanisme du calme, de la sérénité et du repos.
Egalement connu sous la dénomination de système vagal, il a pour fonction de ralentir les effets du système nerveux sympathique, ce dernier étant lié à l’action et la mise en tension du corps et de l’esprit.
Lorsque le système nerveux autonome, constitué des systèmes nerveux sympathique et parasympathique, tend vers l’équilibre, c’est tout notre organisme et nos fonctions vitales qui se mettent à fonctionner de façon harmonieuse. Respiration, digestion, circulation sanguine, sécrétion d’hormones, excrétion. L’ensemble de nos fonctions agissent de concert et nous nous sentons bien. La méditation est une technique intéressante et pertinente car elle permet d’atteindre, à terme, cet équilibre et de préparer un terrain fertile pour la réduction et le traitement des symptômes acouphéniques.
Voici un témoignage de Lisa Letessier, Psychologue clinicienne recrutée par l’Hôpital européen Georges-Pompidou dans le but d’animer des ateliers thérapeutiques pour venir en aide à des patients acouphéniques : « On leur a demandé de se concentrer sur des sons, en pensant qu’ils n’y arriveraient jamais. Au bout de deux séances, leur hyperacousie avait diminué ! ».
Une étude menée par Pierre Philippot de l’Université Catholique de Louvain a également démontré, dans le cadre du traitement des acouphènes chroniques, une nette supériorité du panel ayant suivi le programme MBSR.

Concrètement, comment agit la méditation ? 

Ses effets positifs sur la pressions artérielle

La pratique de la méditation permettrait à notre corps d’augmenter sa production de monoxyde d’azote. Or, il se trouve que ce gaz présente la particularité de pouvoir élargir les vaisseaux sanguins, permettant ainsi une meilleure circulation sanguine et une diminution de la tension au sein du système artério-veineux.
Cette hypothèse a été validée par des études émanant du Benson-Henry Institute for Mind Body Medecine.
Il est ici utile de rappeler que, dans certains cas, une tension élevée peut engendrer et aggraver un acouphène. Par ailleurs, on sait que les acouphènes qualifiés de « pulsatiles » s’avèrent étroitement liés aux flux circulatoires sanguins.
Pour plus d’informations sur ce sujet précis, nous vous invitons à consulter notre dossier expert > Les acouphènes pulsatiles 

Ses effets positifs sur le système immunitaire

La pratique régulière de la méditation engendrerait une diminution de l’expression d’un groupe de gènes impliqué dans les réactions inflammatoires liées à la réaction immunitaire de l’organisme. Ce phénomène a été mis en lumière par des chercheurs de l’université de Californie. Or, nous savons aujourd’hui que ce type de réactions dysfonctionnelles peut, dans certains cas, être un facteur déclenchant ou aggravant de l’acouphène.
C’est la cas par exemple lorsqu’une labyrinthite ou bien encore une otite moyenne chronique sont à l’origine des symptômes acouphéniques.
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Ses effets positifs sur la perception de la douleur

Une étude menée par le professeur Kober a mis en lumière la forte corrélation entre perception de la douleur et méditation. Lors de cette étude, des volontaires ont reçu un stimulus douloureux sous la forme d’une chaleur forte au niveau du bras.
Le premier groupe de volontaires participait à l’étude sans qu’aucune instruction ne soit donnée. Le second groupe, quant à lui, avait pour instruction de pratiquer la méditation.
Il ressort que les volontaires méditants du deuxième groupe avaient évalué leur douleur 27% moins intensément que ne l’avait fait ceux du premier groupe. En outre, il apparut que leur activité cérébrale était pratiquement moitié moins importante dans les aires traitant la douleur. Les chercheurs en ont donc conclu que la pratique méditative était en mesure d’abaisser la perception de la douleur et de réguler la réaction neuronale associée.
Ceci est une excellente nouvelle dans le cadre du traitement des acouphènes car on sait qu’une moindre activité cérébrale, notamment dans les zones dévolues aux émotions et à la douleur, est un facteur d’amélioration et de soulagement des symptômes acouphéniques.

Ses effets positifs sur la plasticité cérébrale

On pensait jadis qu’une fois parvenu à l’âge adulte, nos connexions cérébrales et neuronales demeuraient immuables. Aujourd’hui, nous savons qu’il en est tout autre et que notre cerveau est en réalité bien plus « plastique », flexible et adaptatif.
C’est cette plasticité qui permet au cerveau de ré-organiser ses réseaux de neurones. Il est en effet capable de se remodeler en fonction de facteurs environnementaux et contextuels.
La méditation, en favorisant cette plasticité, constitue un sérieux atout lorsqu’il s’agit de reprogrammer l’acouphène. Cette reprogrammation est d’ailleurs le but poursuivi par de nombreuses voies de traitement telles que les thérapies cognitives comportementales (TCC), la Programmation-Neuro-Linguistique (PNL), l’EMDR ou bien encore la Sophrologie.

Ses effets positifs sur la régulation hormonale

La méditation exerce une action positive et régulatrice sur la production du cortisol, une hormone étroitement liée au stress. En contribuant à faire diminuer le taux de cette hormone dans le sang, la méditation agit directement sur la tension de l’organisme. Cela impacte aussi bien le psychologique que le physique.

Les effets positifs de la méditation sur le fonctionnement du cerveau

Son action sur l’hippocampe

C’est grâce à ses deux hippocampes que l’être humain parvient à consolider ses souvenirs. Très sensible au stress, l’hippocampe tend à s’atrophier lorsque l’état de tension perdure. Or, les récentes études basées sur l’imagerie médicale ont démontré que la région de l’hippocampe est impliquée dans les acouphènes chroniques. La raison viendrait de ce que l’hippocampe est situé dans une zone qui participe notamment à la localisation des sons. Il s’avère que là aussi, la méditation exerce une action salvatrice dans le sens où elle participer à augmenter la densité de l’hippocampe.

Son action sur le cortex cingulaire postérieur

Cette aire cérébrale est impliquée dans la créativité, l’introspection et dans la façon dont nous percevons et interprétons les différentes situations du quotidien.
Or, il se trouve que des chercheurs ont mis en évidence le rôle de la méditation dans l’augmentation de la quantité de matière grise au sein du cortex cingulaire postérieur.
Ce constat vient renforcer la thèse selon laquelle la pratique méditative, par son action bénéfique sur le cortex cingulaire postérieur, permet de renforcer notre capacité à faire face aux situations difficiles.

Son action sur l’amygdale cérébrale

L’amygdale cérébrale est une région du cerveau qui tend à se densifier lorsque nous sommes en proie à l’anxiété. Elle joue en outre un rôle clé dans la façon dont nous percevons certaines émotions négatives telles que le stress. Il a été démontré que la pratique régulière de la méditation pouvait neutraliser ce processus de densification. De plus, il apparaît que la pratique méditative régule le niveau de stimulation de l’amygdale cérébrale en cas de stress.
Au travers de ces éclairages, nous voyons bien comment la méditation peut aider les personnes souffrant d’acouphène à renouer avec une meilleure qualité de vie. C’est principalement parce qu’elle constitue un formidable rempart contre le stress et les états émotionnels corrosifs que la pratique méditative revendique, à raison, son appartenance aux solutions alternatives de lutte contre les acouphènes. Nous l’avons vu, son actions se situe à différents niveaux et c’est grâce à cette diversité de bénéfices que la méditation parvient à soulager les personnes acouphéniques.
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