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Qu’est ce qu’un acouphène ?

Voici une vue panoramique de ce qu'est un acouphène. Une définition globale du symptôme.

Acouphène. Trois syllabes qui renferment un symptôme aussi toxique que répandu. Comme pour chaque problème qui jalonne la vie quotidienne, la règle n°1 demeure d’en comprendre les tenants et les aboutissants. Combien de personnes vivent aujourd’hui avec des acouphènes ? Qu’est ce qu’un acouphène objectif / unilatéral / pulsatile / épisodique / chronique ? Quelles fréquences sonores sont en cause ? Qu’est ce que l’hyperacousie et comment les deux symptômes peuvent être reliés ? Qu’entend-on par habituation neuro-psychologique ? Quelles peuvent être les conséquences sur le plan de la santé mentale, émotionnelle et physique ? Voici un panorama complet qui vous fournira moult éclairages. Au fil de votre lecture, vous remarquerez la présence de liens pertinents. N’hésitez pas à aller y voir de plus près, il vous permettront de creuser plus encore chacun des sujets abordés.

Acouphène : un terme qui nous vient du grec ancien ἀκούω (akoúô) qui signifie entendre et φαίνω (phaínô) qui signifie apparaître.

Statistiques concernant les acouphènes

Une personne sur deux connaîtrait quelqu’un qui souffre d’acouphène. C’est que révèle une une enquête qui fait foi dans l’écosystème médical, un étude menée par les Journées Nationales de l’Audition & l’institut IPSOS (enquête JNA – IPSOS – Crédit Agricole réalisée entre le 10 et le 17 février 2014 auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 900 personnes âgées de 16 à 75 ans).

Toujours selon cette même étude, il y aurait environ 16 millions d’acouphéniques en France. Parmi ceux-ci, 12,3 millions subiraient leur acouphène de manière occasionnelle et 3,7 millions de manière permanente. Parmi ces derniers, ils seraient 1,6 millions à qualifier leur symptôme d’agressif et 300 000 emploieraient le mot intolérable. Il y aurait en outre près de 400 000 nouveaux cas par an en France. Les trois quarts auraient moins de 30 ans.

Autre statistique intéressante, il est à noter que 51% des personnes victimes d’acouphènes n’auraient jamais consulté. 53% des personnes ayant consulté déclareraient n’avoir reçu ni conseil, ni prescription. 33% avouent avoir été jusqu’à prendre rendez-vous à 10 reprises avec un médecin ORL. Une fois cette consultation faite, 55% se rapprocheraient d’un acupuncteur, 51% d’un médecin généraliste, 46% d’un ostéopathe et 38% iraient consulter un homéopathe. Concernant la corrélation avec l’âge, nous constatons en toute logique que la probabilité de souffrir d’acouphènes augmente avec l’âge. Un chiffre à retenir : les trois quarts des personnes touchées ont plus de 55 ans. Il est à noter que, après 60 ans, 10 à 20% des personnes sont victimes de symptômes acouphéniques.
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Quelques célébrités victimes d’acouphènes 

Phil Collins, le guitariste des Who Pete Townshend, Ozzy Osbourne, Danny Elfman, Barbra Streisand, Eric Clapton pour n’en citer que quelques uns.

Notons que les musiciens constituent une population à risque du fait de leur exposition répétée à des volumes sonores élevés. Sur le plan sociologique, nous pouvons avancer qu’aucune catégorie sociale n’est épargnée par ce symptôme. Bien entendu, il est très probable que certaines tranches socio-professionnelles soient plus affectées du fait de leurs environnement de travail. Mais une étude sérieuse fait encore défaut sur le sujet pour que nous puissions avancer des statistiques solides.

Acouphène objectif / Acouphène subjectif

L’acouphène est dit objectif lorsque ce dernier peut-être relié à un bruit réel et mesurable. Par exemple, lorsqu’une anomalie se produit au niveau de la cochlée laquelle n’est autre que l’organe lié à l’audition. D’autres causes peuvent également caractériser un acouphène objectif comme par exemple une malformation vasculaire ou bien encore des contractions musculaires. Dans ce cas, il est parfois envisageable d’opter pour une intervention chirurgicale visant à supprimer l’acouphène. Il est à noter que cette catégorie de symptômes acouphéniques dits objectifs demeure plutôt rare et nous pouvons avancer qu’environ 5% des cas entrent dans cette catégorie.

Beaucoup plus fréquents (environ 95% des cas), les acouphènes subjectifs ne correspondent à aucun bruit réel et mesurable. Cela signifie que vous seul l’entendez. Une certaine opacité sur les origines des symptômes demeure alors. La thèse du son fantôme est fréquemment avancée : une lésion des cellules ciliées – cellules de la cochlée qui perçoivent les vibrations sonores – pourrait expliquer la survenue d’acouphènes subjectifs. En temps normal, ces cellules ondulent lorsqu’elle perçoivent un son. Ces ondulations sont alors transmises au nerf auditif via un signal nerveux. Des lésions pourraient alors générer un signal nerveux qui serait transmis de manière erronée et permanente au nerf auditif, provoquant ainsi un acouphène temporaire, épisodique ou continu selon la gravité des lésions.
 

Caractéristiques du bruit parasite 

Les personnes victimes d’acouphènes utilisent plusieurs terminologies pour évoquer et spécifier la nature du son perçu. Certains parleront de sifflements, d’autres de bourdonnements ou bien encore de grésillements. Les symptômes acouphéniques peuvent également dans certains cas être comparés à des bruissements, des tintements, des vrombissements ou bien encore des cliquetis.

Notons qu’en langue Anglaise, on utilise le mot TINNITUS, terme latin qui signifie tinter ou sonner comme une cloche.

La variété et la diversité de perceptions concernant les acouphènes explique cette grande richesse lexicale qui peut intégrer, selon les cas, d’autres vocables tels que craquements, battements, soufflesfroissements ou bien encore chuintements. Un vocabulaire étoffé et nuancé qui témoigne clairement du caractère éminemment personnel de l’expression de ce symptôme et de la multitude de causes possibles.

Pour plus de détails, voir notre sujet expert > Acouphène : principales causes

Deux mots sur les acouphènes pulsatiles

Il s’agit d’une forme d’acouphène caractérisé par la perception de bruits rythmiques faisant écho aux battements cardiaques. D’ailleurs, dans la grande majorité des cas, ces derniers se révèlent synchrones avec l’afflux sanguin que l’on peut sentir en prenant son pouls. Ils sont dans la plupart des cas la manifestation d’une pathologie bénigne et ne correspondent que très rarement à un problème de santé grave.

Pour plus de détails, voir notre sujet expert > Les acouphènes pulsatiles  

Acouphène temporaire, épisodique et continu

L’acouphène se révèle être un bruit que l’on peut entendre de manière temporaire, épisodique ou bien encore continue. Si celui-ci est temporaire, la gêne auditive finit par disparaître d’elle-même. C’est le cas par exemple des symptômes acouphéniques qui surgissent après une exposition occasionnelle à une source sonore trop volumineuse telle que l’on peut l’expérimenter lors d’un concert de musique ou bien encore lorsque l’on subit la présence proche d’un engin de chantier tel qu’un marteau-piqueur ou bien une scie-circulaire. C’est ce caractère limité dans le temps qui explique que ce type de troubles auditifs n’occasionne pas de dommage psychologique trop sérieux.

Dans des cas moins heureux, l’acouphène est dit épisodique. Cela signifie que la présence du bruit parasite se réactive de temps à autre. Cette réactivation peut alors être déclenchée par de multiples facteurs tels que le stress, les fluctuations de l’hygiène de vie ou bien encore l’usage de certains médicaments pour ne citer que quelques exemples. Cette intermittence du symptôme peut rendre celui-ci problématique.

Mais c’est la troisième catégorie, celle des acouphènes dits continus, qui est à même de poser le plus de problèmes sur le plan de la vie quotidienne. En effet, il est aisé de comprendre que la continuité dans le temps du bruit parasite fournit à ce dernier un caractère toxique plus affirmé propre à induire des conséquences psychologiques (et psycho-somatiques) capables de menacer sérieusement l’équilibre des individus concernés.

Acouphènes aiguës, subaiguës et chroniques

Un acouphène est généralement qualifié d’aiguë lorsque sa durée est comprise entre zéro et trois mois. Attention, l’emploi du mot aiguë n’a ici aucun rapport avec la fréquence sonore (aiguë ou grave). Cette terminologie indique seulement que le symptôme connait une évolution rapide et qu’il est limité dans le temps.

Un acouphène est qualifié de subaiguë lorsque sa durée dans le temps est comprise entre trois mois et un an.

La chronicité du symptôme acouphénique est caractérisée lorsque ce dernier dure depuis plus d’un an. Il est à noter que le traitement des acouphènes chroniques ne repose prioritairement pas sur la recherche d’une voie de guérison mais plutôt sur le fait d’apprendre à vivre avec le bruit parasite en essayant de faire en sorte que le cerveau s’y habitue le plus possible jusqu’à parvenir à quasi-ignorer le stimulus sonore.

Acouphène unilatéral ou bilatéral 

L’acouphène est dit unilatéral lorsque ce dernier n’est perçu que dans une seule oreille. Il est en revanche qualifié de bilatéral lorsque le son semble provenir des deux oreilles, on parle alors d’effet stéréophonique. Les symptômes acouphéniques bilatéraux sont en grande majorité subjectifs et peuvent trouver leur cause dans de nombreuses pathologies ou dysfonctionnements qui ne comportent en général aucune gravité particulière si ce n’est des conséquences psychologiques qui peuvent, elles, devenir assez lourdes.

L’acouphène unilatéral, en revanche, a tendance à éveiller plus d’inquiétude au sein du corps médical car le fait qu’une seule oreille soit concernée peut parfois être l’indice d’une pathologie plus grave comme par exemple la présence d’une tumeur ou d’un AVC dans la région des aires auditives. En matière de diagnostic ORL, tout caractère unilatéral doit faire évoquer un neurinome de l’acoustique, également appelé schwannome vestibulaire, qui est une tumeur bénigne non cancéreuse. C’est la raison pour laquelle il est important de consulter rapidement votre médecin traitant dès la survenue des premiers symptômes, si ceux-ci durent depuis plus de 48h. Vous serez très certainement orienté vers un médecin ORL qui contrôlera plus en profondeur votre audition et mènera quelques investigations afin de pouvoir éliminer les rares causes graves ainsi que celles qui relèvent de la chirurgie.

Pour plus de détails, voir notre sujet expert > Acouphène : que faire ?   

La fréquence sonore des acouphènes

Dans une majorité de cas, la fréquence sonore de l’acouphène oscille entre 4000 à 8000 htz. Ce n’est pas un hasard car très souvent, lorsqu’un traumatisme sonore est en cause, ce sont justement les cellules sensorielles qui se situent dans cette même plage (4000 à 8000 htz) qui sont en proie à une destruction partielle. Cela vient étayer la thèse selon laquelle les acouphènes seraient dans bien des cas des sons fantômes créés par le cerveau en réaction à une perte d’audition sur des fréquences sonores précises.

Pour plus de détails, voir notre sujet expert > Acouphène : stratégie de prévention   

L’acouphène idiopathique

On parle d’acouphènes idiopathiques lorsque aucune cause organique n’est décelée. La prise en charge se concentre alors sur la gestion des séquelles psychologique et psycho-somatiques. Il est intéressant de noter que de nombreux cas entrent dans cette catégorie. En effet, il est souvent difficile de poser un diagnostic fiable sur l’origine du symptôme. La science avance sur ce terrain mais le champ des découvertes demeure vaste.

L’acouphène n’est pas une pathologie mais un symptôme

Cette distinction est éminemment importante et permet de mieux comprendre les difficultés que connait la médecine à traiter efficacement les acouphènes. Le bruit parasite, notamment dans le cas des acouphènes subjectifs (95% des cas), est l’expression d’une pathologie sous-jacente. En d’autres termes, il y a vraisemblablement une chance pour qu’une maladie soit à l’origine de l’acouphène, ce dernier en étant un des symptômes. Par exemple, il est possible qu’une hypertension chronique induise la perception d’acouphènes. Dans ce cas, il est facile de reconnaître que le symptôme n’est pas la pathologie. Il n’en est qu’un de ses effets secondaires indésirables. C’est la raison pour laquelle il faut se garder de confondre les deux notions. C’est d’ailleurs une confusion fréquente que l’on peut constater chez les patients victimes d’acouphènes. 

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Acouphène et hyperacousie

L’hyperacousie se caractérise par un certain inconfort en présence de sons moyennement forts. C’est une forme d’hyper sensibilité. Ce phénomène se manifeste donc très concrètement par un seuil de tolérance au bruit anormalement bas. Alors qu’un individu lambda percevra un son comme fort, la personne en proie à une hyperacousie vivra ce stimulus de manière pénible, voire douloureuse.

Une statistique avance que 63% des acouphéniques souffriraient également d’hyperacousie.
Pour plus de détails, voir notre sujet expert > Qu’est ce que l’hyperacousie ?

L’habituation neuro-psychologique

Certains médecins avancent que, pour 75 à 80 % des cas, les acouphènes sont plus ou moins tolérés. Cela est du au mécanisme d’habituation neuro-psychologique, un phénomène courant à l’oeuvre quotidiennement dans notre vie sans même que nous ayons besoin d’y penser.

Lorsqu’un nouveau stimulus est perçu, on peut considérer que celui-ci entre dans notre champ de conscience. Par exemple : le premier jour du printemps, un oiseau se pose à votre fenêtre. Le stimulus est nouveau. De ce fait, il est interprété et évalué. Si ce dernier ne génère aucune crainte, aucune anxiété, il est fort possible qu’en quelques jours, ce son ne soit plus perçu. Dans le cas contraire, c’est à dire si le son en question engendre de l’inquiétude et du stress, comme c’est le cas par exemple lorsqu’il y a des travaux bruyants dans la rue, il y a fort à parier que celui-ci demeurera dans le champ de conscience.

C’est cette charge émotionnelle négative qui empêche la filtration du stimulus problématique et qui le maintient au premier plan de nos préoccupations. Cela engendre alors encore plus de stress, c’est une spirale qui s’auto-alimente.

L’habituation neuro-psychologique est le mécanisme grâce auquel l’acouphène ne s’impose plus à vous. Il demeure audible si vous vous concentrez dessus mais reste dans l’ombre si vous ne cherchez pas spécifiquement à l’entendre. C’est une capacité inhérente à notre cerveau qui consiste à mettre à distance le stimulus. L’efficacité palliative de ce processus compense l’absence d’efficacité curative en matière d’acouphènes subjectifs.

Pour plus de détails, voir notre sujet expert > Acouphène : principaux traitements

Les conséquences sur la plan de la santé psychique et physique

Nous l’avons dit, l’acouphène est un symptôme et non une pathologie. Pourtant, il n’en demeure pas moins potentiellement dangereux sur le plan de la santé mentale et physique. Selon son intensité, son caractère temporaire, épisodique ou continu, sa chronicité, il peut revêtir la forme d’une simple gêne quotidienne ou bien constituer un réel handicap avec son cortège d’effets secondaires indésirables :

Sommeil perturbé, troubles de la concentration et de l’attention, détresse, stress, somnolence diurne, fatigue chronique, douleurs articulaires, irritabilité, altération de l’humeur, conflits relationnels, désocialisation, symptômes dépressifs, hypertension, baisse de l’énergie et de vitalité.

Dans certains cas, les complications peuvent prendre des proportions inquiétantes allant jusqu’à la dépression voire, jusqu’au suicide. Voilà pourquoi il est crucial d’adopter une vraie stratégie de résilience afin de retrouver jour après jour une qualité de vie qui s’était étiolée sous l’effet de l’acouphène. Nous vous conseillons de commencer par acquérir une véritable compréhension du sujet avant de vous orienter vers des techniques, méthodes et solutions qui pourront vous apporter une issue palliative efficace.

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