Acouphènes liés à des vertiges, faut-il s’en inquiéter ?

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Cette image illustre le sujet n°18 qui traite de la relation entre acouphènes et vertiges
Quelles pathologies causales potentielles se cachent derrière la combinaison acouphènes et vertiges ?

S’ils peuvent provenir de multiples causes, il n’en demeure pas moins que les vertiges restent une catégorie de symptômes qu’il convient de considérer avec le plus grand des sérieux. Potentiellement liés des pathologies sous-jacentes parfois graves, ces manifestations bien connus et somme toute fort désagréables peuvent parfois cacher des problèmes impliquant l’oreille interne. C’est la raison pour laquelle il sera pertinent d’établir, en amont, un diagnostic fiable permettant de lier ou non les symptômes vertigineux aux symptômes acouphéniques. Il sera ici intéressant de se pencher sur ces dysfonctionnements de l’oreille interne qui peuvent induire ce type de symptômes conjoints. Egalement, de s’attarder sur cette pathologie atypique qu’est la maladie de Ménière laquelle se retrouve régulièrement impliquée dans l’apparition des vertiges et des acouphènes. Nous verrons également que d’autres pathologies causales telles que le neurinome de l’acoustique ou encore l’otospongiose peuvent engendrer des effets similaires. Enfin, il sera pertinent de s’attarder un moment sur le rôle que peuvent jouer certaines états émotionnels toxiques tels que le stress dans la survenue ou l’aggravation des acouphènes et des vertiges.

Ci-dessous, un court résumé en vidéo. Pour plus de plus amples informations sur ce sujet Acouphènes et Vertiges, parcourez le dossier complet situé sous la vidéo.

Le mot vertige désigne un symptôme lequel se manifeste par une sensation de rotation ou bien encore d’ébriété. Il ne sera donc pas surprenant d’apprendre que le terme vertige vient de la racine latine vertere, qui signifie tourner, ou bien encore du mot vertigo qui évoque un mouvement rotatif.

Dans la grande majorité des cas, ces symptômes vertigineux sont la conséquence d’un conflit sensoriel qui se développe entre, d’une part, le système visuel et, d’autre part, le système dit vestibulaire lequel est en charge de réguler notre sens de l’équilibre. Un troisième système est également de la partie, il s’agit du système proprioceptif lequel désigne la perception, consciente ou inconsciente, de la position occupée par les différentes parties de notre corps dans l’espace.

A noter  qu’il arrive parfois que des symptômes connexes se manifestent. Les vertiges seront alors accompagnés de nausées, de troubles ophtalmologiques ou bien encore de  vomissements.

Important : avant de poser un diagnostic précipité qui incriminerait d’office le système vestibulaire, il sera pertinent d’éliminer au préalable toute causalité liée à une potentielle urgence vitale. En effet, il s’avère que, dans environ 10 à 15% des cas, les symptômes caractéristiques du vertige peuvent provenir d’une atteinte centrale pouvant revêtir une certaine gravité. C’est la raison pour laquelle il est vivement recommandé de consulter son médecin traitant dès l’apparition de vertiges pouvant laisser entendre la présence d’une pathologie sous-jacente plus ou moins sérieuse.

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Le rôle clé de l’oreille interne dans la sensation de vertige

L’oreille interne est une partie du système auditif laquelle assure une fonction essentielle. En effet, c’est à l’oreille interne que revient la tâche de transformer les vibrations de l’air perçues par l’oreille externe en autant d’influx nerveux qui seront acheminés puis décodés par notre cortex auditif. Cependant, au delà de cette fonction, il se trouve que l’oreille interne assure un second rôle clé. En effet, celle-ci intervient également dans la gestion de l’équilibre via le fameux système vestibulaire lequel est appelé parce qu’il implique une partie centrale du labyrinthe osseux de l’oreille interne précisément appelée vestibule.

C’est grâce à ce système sophistiqué que notre cerveau est capable de détecter et d’analyser nos mouvements de tête ainsi que la position qu’occupe notre corps dans l’environnement spatial.

Corrélation entre acouphène et vertige : de l’importance de poser le bon diagnostic

Les acouphènes, lorsqu’ils sont accompagnés de vertiges, indiquent en général un dysfonctionnement du système vestibulaire. Cependant, il existe deux cas de figure selon que ces deux catégories de symptômes sont liées ou non. C’est la raison pour laquelle nous insistons sur la nécessité de poser au préalable un diagnostic précis et fiable qui permettra de confirmer ou d’infirmer une éventuelle relation entre les symptômes acouphéniques et les symptômes vertigineux.

Lorsque la sensation de vertige trouve son origine dans une anomalie dysfonctionnelle de l’oreille interne, il est possible de distinguer plusieurs cas de figures. Il est en premier lieu envisageable qu’il s’agisse d’un simple vertige positionnel paroxystique bénin lequel est en outre une cause fréquente de symptômes vertigineux. Le praticien ORL pourra également suspecter une névrite vestibulaire qui est une atteinte virale du nerf vestibulaire. Enfin, il est également possible que la pathologie causale qui crée la sensation de vertige soit ce que l’on nomme une maladie de Ménière. Si cette dernière hypothèse est confirmée, il faut savoir que la pathologie s’accompagne généralement d’acouphènes et de surdité.

Causes secondaires pouvant engendrer des sensations similaires au vertige

Il faut savoir que la sensation de vertige peut avoir une origine multiple et que celle-ci n’est pas toujours liée à une maladie. En effet, il n’est pas rare que le symptômes soit imputable à certaines causes secondaires.

Citons par exemple les problèmes oculaires et les cas d’hypotension orthostatique qui surviennent parfois lorsque l’on passe brutalement de la position couchée à la position debout. Citons également les anomalies, liées aux contraintes toxiques que la vie moderne nous inflige, telles que la fatigue chronique, les états de stress et d’anxiété, les carences en sommeil ou bien encore les migraines. Il est également envisageable que les vertiges soient corrélés à une hypoglycémie, une agoraphobie, une anémie ou bien encore un syndrome d’hypertension.

La maladie de Ménière et le triptyque surdité-vertiges-acouphènes

On désigne par « maladie de Ménière » une pathologie chronique de l’oreille interne. Elle fut décrite pour la première fois par Prosper Ménière en 1861. Malgré sa découverte qui ne date pas d’hier, il s’agit d’une maladie assez peu connue qui présente des risques loin d’être anodins.

La maladie de Ménière se manifeste en général par un triple symptôme clinique qui regroupe des vertiges, une surdité ainsi que des acouphènes. La prévalence de cette pathologie, c’est à dire la population qu’elle impacte prioritairement, concerne plutôt l’individu adulte d’âge moyen. Il est à noter que, dans 10 à 30% des cas, l’atteinte est bilatérale, c’est à dire qu’elle touche les deux oreilles.

En cause, une accumulation excessive d’endolymphe dans l’oreille interne

La maladie de Ménière engendre une accumulation excessive d’endolymphe dans l’oreille interne.

Il s’agit d’un fluide qui emplit le canal cochléaire de l’oreille interne. Lorsque le liquide endolymphatique ondule dans la canal, cela stimule des cellules réceptrices lesquelles traduisent l’ondulation en signaux nerveux que notre cerveau interprète comme un signal sonore. A noter également que les mouvements de ce fluide dans la canal stimulent aussi des récepteurs vestibulaires. C’est ainsi que notre cerveau peut réguler l’équilibre globale du corps dans l’espace.
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Maladie de Ménière et symptômes acouphéniques

Cette accumulation excessive, que l’on nomme également hydrops endolymphatique, a pour conséquence de faire grimper la pression au sein de l’oreille interne. Ce phénomène provoque deux problèmes : tout d’abord, cela vient parasiter la perception des sons. Ensuite, cela vient brouiller les signaux d’équilibre envoyés au cerveau. C’est la raison pour laquelle la maladie de Ménière est une pathologie invalidante dans laquelle se mélangent des symptômes de surdité, de vertige et d’acouphènes.

Comme nous venons de le voir, la maladie de Ménière est essentiellement caractérisée par l’apparition d’acouphènes et de vertiges. Cependant, il n’est pas rare que d’autres symptômes viennent s’y rattacher. Citons par exemple de possibles nausées et vomissements, des poussées de sudations ainsi qu’une perte d’audition.

Une maladie qui se manifeste par des périodes de crises

La maladie de Ménière présente la particularité de survenir par période de crise. Ces dernières, totalement imprévisibles, peuvent surgir à tout moment. Il est à noter que cette pathologie a tendance à toucher plus de femmes que d’hommes. Lorsqu’une crise survient, les symptômes associés tels que les acouphènes et les vertiges peuvent se prolonger durant une période très élastique allant d’une vingtaine de minutes à une journée complète.

Les autres pathologies causales

Lorsqu’il existe une relation avérée entre l’acouphène et les vertiges, il sera pertinent de bien approfondir quelle est l’anomalie potentiellement en cause qui se cache derrière cette symptômatie. Le médecin ORL pourra suspecter, par exemple, un neurinome de l’acoustique, une otospongiose ou bien encore, comme nous venons de la voir, une maladie de Ménière. D’où l’impérieuse nécessité de prêter une attention toute particulière à cette association acouphènes / vertiges car il s’agit d’indices qui invitent à la vigilance.

Acouphènes et neurinome de l’acoustique

On utilise la dénomination neurinome de l’acoustique pour désigner une tumeur de l’angle ponto-cérébelleux. Egalement connue sous le nom de schwannome vestibulaire, il s’agit d’une tumeur bénigne qui peut engendrer des symptômes tels que des vertiges positionnels, des sensations nauséeuses, des vomissements, des étourdissements ainsi que des bourdonnements d’oreille. A noter que ce type de tumeur bénigne a tendance à entraîner une surdité unilatérale progressive du côté de l’oreille touchée.

Plusieurs type de vertiges peuvent découler de la présence d’un schwannome vestibulaire. Citons par exemple les crises de vertiges itératives, les vertiges créant de l’instabilité, les vertiges de position ainsi que les grande crise vertigineuse.
Sur le plan curatif, le traitement sera adapté au stade du neurinome et au terrain du patient. En fonction de ces éléments, il sera possible d’envisager une intervention otoneurochirurgique, une radiothérapie ou bien encore une stratégie de surveillance.

Acouphènes et otospongiose

On désigne par otospongiose une maladie affectant l’os de l’oreille ayant pour conséquence une dégradation de la transmission des vibrations sonores. Il s’agit d’une pathologie qui touche les trois petits os de l’oreille interne et plus spécifiquement l’os que l’on appelle « étrier ». Le problème vient du fait qu’une partie de celui-ci va connaitre une croissance osseuse anormale qui va entraver sa capacité à vibrer correctement lorsqu’un son parvient à l’oreille.

L’otospongiose fait partie des affections pouvant entraîner à la fois des manifestations vertigineuses ainsi que des symptômes acouphéniques.

Côté traitement, il est à noter que l’intervention chirurgicale demeure une option réaliste relativement banale. Au cours de celle-ci, on retirera la partie osseuse hypertrophiée afin d’insérer un implant, c’est ce que l’on nomme une stapédotomie. Deuxième option, on procède à une ablation complète de l’étrier lequel est remplacé par une minuscule prothèse, c’est ce que l’on nomme une stapédectomie. L’une et l’autre de ces interventions sont en mesure de restaurer l’audition du patient. Il est à noter que, dans la majorité des cas, la pathologie causale étant traitée, la combinaison des symptômes acouphéniques et vertigineux est diminuée voire, dans le meilleur des cas, totalement supprimée.

Quand le facteur stress accentue les symptômes acouphéniques et vertigineux

Comme à l’accoutumée, il s’avère que les états émotionnels toxiques tels que le stress, l’anxiété et la colère peuvent aggraver à la fois les acouphènes et les sensations de vertige. Ces états émotionnels négatifs, lorsqu’ils sont trop intenses ou qu’ils se prolongent durant une période trop longue, sont de nature à perturber le fonctionnement du cerveau.

Concernant les vertiges, notons que le stress peut affecter le bon fonctionnement du système cardio-vasculaire engendrant ainsi des palpitations, des sueurs froides, des étourdissements, des fourmillements ainsi que des manifestations pouvant créer un réel malaise physique.

Quand le stress agit par contagion sur le cortex auditif

Concernant les acouphènes, notons que le stress entraîne une hyper-activité des cellules nerveuses du cerveau, notamment dans la partie limbique liées aux émotions, et que cette sur-stimulation va, par contagion, toucher le cortex auditif qui est l’aire qui traite les sons. C’est la raison pour laquelle il n’est pas rare que, lors d’un épisode de stress, l’acouphène soit perçu de manière plus prononcé et plus intense. Les voies nerveuses étant plus actives, la perception du sifflement ou du bourdonnement d’oreille sera accentuée. Lorsque ce que phénomène entre en action, on parle alors de connotation aversive et de saillance, deux notions qui permettent d’évaluer le coefficient de toxicité de l’acouphène.

Pour toutes les raisons énumérées dans ce sujet, il apparaît évident de considérer avec le plus grand des sérieux l’apparition, concomitante ou non avec les acouphènes, de symptômes vertigineux. Ces derniers doivent être perçus comme des signaux d’alerte envoyés par notre organisme, des signaux qui doivent nous inviter à consulter un médecin lequel pourra dresser un diagnostic permettant d’écarter ou d’identifier une éventuelle pathologie causale sous-jacente.

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