La Médecine Traditionnelle Chinoise soigne-t-elle les acouphènes ?

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Cette image illustre le traitement des acouphènes dans le cadre de la médecine traditionnelle Chinoise.
Pratique thérapeutique ancestrale, la médecine Traditionnelle Chinoise s'intéresse aux acouphènes depuis au moins 2000 ans. Ce sujet est l'occasion de passer en revue les principes de traitement proposés.

Forte de ses 5000 ans d’antériorité et de sa somme de connaissances accumulées, la médecine traditionnelle Chinoise constitue une option thérapeutique qu’il serait regrettable d’écarter sans en avoir approfondi les principes. Le terme « Er Ming » (耳鸣), traduisible par « acouphène », désigne un son perçu sans source stimulante externe. Cela fait plus de 2000 ans que les textes Chinois mentionnent cette pathologie. En matière de traitement des acouphènes, cette thérapie ancestrale apporte des éclairages nouveaux qui s’inscrivent dans une approche globale, énergétique, émotionnelle, diététique et organique des problèmes auditifs. C’est cette perspective holistique du problème acouphénique qu’il nous a semblé pertinent de creuser. Pour mener à bien ce sujet, nous avons sollicité M. Jean-Marc TRIBOULET, membre du bureau de l’UFPMTC (Union Française des Professionnels de Médecine Traditionnelle Chinoise), praticien en Médecine Chinoise et directeur de l’école de médecine Chinoise SHENTAO à LYON. Cet article, élaboré sur la base d’une interview exclusive, apporte les éclairages nécessaires pour comprendre comment cette approche thérapeutique peut venir en aide aux personnes atteintes d’acouphènes.

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Origines et principes de la médecine traditionnelle Chinoise

La médecine traditionnelle Chinoise est empreinte d’un enseignement qui nous a été transmis depuis plusieurs millénaires avec, au départ, le TAOISME, qui remonte à plus de 5000 ans, et qui pose le fondement de toute la philosophie actuelle de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Le TAOISME à l’origine de la médecine Traditionnelle Chinoise

Le principe premier du TAO est l’harmonie et l’équilibre qui doivent être considérés comme les bases essentielles de la vie et surtout de la santé. C’est une philosophie de la vie, de la nature, de l’homme où le Yin et le Yang sont interdépendants et en équilibre dynamique.

▶ Ainsi la santé et l’hygiène de vie (prévention) représentaient les premiers principes de base d’un bon équilibre de vie. Citons également l’astrologie, l’herbologie, les arts martiaux, la politique, la psychologie, la géobiologie (plus connue aujourd’hui sous la dénomination Feng Shui) ainsi que les arts divinatoires (YI KING) sont autant de domaines qui ont pu être architecturés en fonction des dynamiques YIN YANG de la nature.
Au niveau du corps, cet équilibre YIN YANG étant dynamique, donc inconstant et soumis à
l’impact des éléments naturels (climats et alimentation), des émotions, des trauma
physiques ou des médicaments, il est toujours nécessaire de le rééquilibrer.Le YIN et le YANG : L’équilibre primordial

Le YIN est considéré comme la matière (immobile, concentrée, froide…) et le YANG comme de l’énergie (mobile, dilatée, chaude…) avec une proportion variable dans chaque être ou dans chaque partie d’un être et dans toutes choses (Yin et Yang sont interdépendants et ne peuvent donc exister l’un sans l’autre, tout comme le jour et la nuit, le chaud et le froid…).En ce qui concerne le corps humain et son bon équilibre YIN YANG, il est indispensable de veiller à une certaine fluidité et une harmonie de l’ensemble. Ainsi, quel que soit le niveau où se situe une problématique, il sera donc toujours essentiel de rétablir une harmonie et un équilibre, tant au niveau physique (corps) qu’aux niveaux énergétique (Qi) ou mental (esprit).

L’objectif n’étant pas d’éradiquer un symptôme mais de ré-harmoniser le corps dans son ensemble pour l’aider à revenir à son point de juste équilibre, afin de prévenir ou lever les blocages physiques, énergétiques ou émotionnels.

L’énergie – le QI

Le corps humain est capable, à tout moment, de se réguler. Mais quand un déséquilibre énergétique apparaît (suite aux éléments extérieurs, à une émotion, ou un traumatisme physique) et s’installe trop longtemps, il se transforme en blocage et conduit au mal-être voire à la maladie. Ainsi, il faut travailler sur l’énergie (le QI) pour aider le corps à retrouver les forces vitales qui vont lui permettre de remettre en place ses équilibres naturels : c’est le principe de base de la médecine Traditionnelle Chinoise.

« Nous corrigeons les dysfonctionnements évalués par un bilan énergétique précis afin de réajuster l’équilibre YIN YANG au niveau des organes, des tissus, des énergies, des fonctions des organes et du corps. Le corps décide ensuite de résoudre certaines de ses problématiques et de remettre la personne dans le bon axe physique, énergétique et mental. »

▶ Ce travail d’harmonisation se fait via les 5 piliers de la médecine traditionnelle Chinoise : la diététique énergétique chinoise, Le Tuina (massage chinois), Les exercices énergétique (Qi Gong et Tai Chi), l’acupuncture et la pharmacopée (herbologie – naturopathie chinoise).

Notre travail est donc en complémentarité évidente avec les médecines modernes et tout leur arsenal thérapeutique avec lesquels nous savons travailler pour y intégrer une notion énergétique qui apporte au corps un nouvel équilibre global (énergétique, physique et mental). Avec le travail sur l’énergie (le QI), le corps se ré-harmonise, il corrige ses problématiques, il repart sur de nouvelles bases. Il est révisé, reprogrammé, reconstitué et peut fonctionner propre et libéré de ses tensions, ses blocages, ses perversités, ses douleurs.

Cette énergie, appelée « QI », permet à chacun de se protéger, de se réchauffer, de faire circuler ce qui stagne dans son corps. La bonne circulation du « QI » doit donc se voir comme une aide pour relancer tout ce qui pourrait être en stagnation dans le corps d’un patient et ainsi lui permettre de retrouver équilibre et mieux-être.

Le travail d’un praticien de médecine chinoise se situe donc en surface (BIAO : terme chinois utilisé pour décrire l’aspect superficiel) et ne touche pas aux organes à proprement parler. Son rôle est de faire circuler un élément totalement inconnu ou ignoré par la médecine moderne, l’énergie ou « QI », afin de ré-harmoniser un flux énergétique perturbé conduisant à un blocage et un déséquilibre énergétique et donc à un mal-être.

Concernant les acouphènes, un des plus anciens livres de médecine traditionnelle Chinoise, le Ling Shu, qui date d’avant JC, traite déjà de cette symptomatologie : « Les oreilles sont les endroits où se réunissent les vaisseaux. Le vide de l’estomac entraîne un vide dans les vaisseaux. Quand les énergies sont déficitaires, elles se dirigent vers le bas. L’épuisement énergétique dans les vaisseaux (auriculaires) cause les acouphènes ».

Une vison globale (holistique) de l’individu

La médecine chinoise considère l’être humain comme un tout sans jamais dissocier le corps, l’énergie et le mental. Mais les enseignements de la Médecine Traditionnelle Chinoise sont bien plus subtiles qu’il n’y parait.

L’étude de toutes les parties du corps humain amène à une différenciation YIN YANG pour en
connaitre toutes les proportions selon les tissus, les organes, les viscères, les muscles, les tendons, le sang, les liquides, les substances, les moelles…

La Médecine traditionnelle chinoise est holistique. Elle se place donc sur le terrain profond des personnes, sur leur mieux-être et non pas sur la maladie ou le symptôme qui sont du domaine de la bio médecine occidentale. Elle adopte un système d’analyse spécifique (bilan énergétique) qui permet de comprendre l’histoire, les habitudes, le vécu émotionnel et physique d’une personne.

Elle définit des syndromes énergétiques qui lui sont propres : vide du Qi du Poumon, Vent du Foie, Dysharmonie Foie-Rate…

Le diagnostic énergétique du praticien en médecine traditionnelle Chinoise

Le praticien en médecine traditionnelle chinoise utilise de nombreux outils qui ont été mis à sa disposition depuis des millénaires et qui ont prouvés de réelles efficacités sur de nombreuses pathologies.

La consultation de médecine traditionnelle chinoise accueille des patients venant avec leur diagnostic médical souvent déjà bien établi : ils ont presque toujours consulté en première intention la médecine occidentale. Le praticien de médecine traditionnelle chinoise est donc constamment confronté à des chronicités et ne se substitue donc aucunement au médecin occidental. Aucun patient ne vient donc pour un « diagnostic» et encore moins pour un « avis médical » qui pourrait lui faire faire un choix autre que celui de son MIEUX-ETRE.

▶ Le diagnostic de la MTC est appelé le BIAN ZHENG, terme qui devrait plus être traduit comme un « BILAN ÉNERGÉTIQUE ». Il utilise l’écoute, le questionnement, le toucher, l’observation pour cerner objectivement les ressources énergétiques d’une personne, ses forces et ses faiblesses. Une fois évaluées toutes ces ressources énergétiques, le praticien de médecine traditionnelle chinoise se permet de les potentialiser pour harmoniser l’ensemble de ces flux afin de permettre au patient de relâcher certaines stagnations ou blocages physiques ou émotionnels, de se détendre et d’atteindre le mieux-être attendu par l’harmonisation des énergies.
La Médecine traditionnelle chinoise utilise des outils spécifiques à sa pratique au même titre que la bio médecine occidentale. Les outils du praticien de médecine traditionnelle Chinoise sont : les mains, les doigts, les aiguilles d’acupuncture, les KAO ou MOXAS (petits cônes d’armoise séchée), les ventouses et les guashas (une thérapie manuelle chinoise datant de plus de 4000 ans).

Comment la médecine traditionnelle Chinoise entend traiter les acouphènes ?

Acupuncture et Tuina

Les séances d’acupuncture ou de Tuina (massage chinois) sont basées sur la stimulation des points d’acupuncture qui sont principalement choisis en fonction de la localisation de la problématique (proche des oreilles pour les acouphènes) mais aussi et surtout à distance (c’est-à-dire loin de la zone perturbée) en agissant sur des tracés énergétiques (méridiens) qui ont très souvent une action directe sur l’oreille.

De très nombreuses combinaisons ont été mises au point depuis des millénaires et plus encore aujourd’hui où le problème des acouphènes occupe une importance accrue dans nos sociétés. Les points répertoriés sont poncturés avec des aiguilles d’acupuncture ou massés directement avec le doigt ou grâce à un outils en bois, en pierre ou en métal. Comme nous le verrons plus loin, Acupuncture et Tuina permettent d’obtenir d’excellents résultats.

Acouphènes et diététique énergétique Chinoise

Il n’y a pas de traitement en médecine chinoise sans une étude de l’hygiène de vie du patient, de son comportement, de son lieu de vie et surtout de son alimentation. C’est ce que l’on nomme l’approche holistique.

Là encore certains réglages diététiques seront nécessaires pour tenter de trouver les comportements alimentaires qui pourraient perturber l’audition et surtout les organes susceptibles de générer des acouphènes. Un plan alimentaire peut être mis en place pour aider aussi au rétablissement des équilibres énergétiques sur les zones de l’audition.

Certaines formulations diététiques peuvent aussi être utilisées pour envisager une « thérapie par l’alimentation » avec des ingrédients directement mélangés pour avoir un impact sur la sphère auditive. Citons par exemple : la châtaigne d’eau, les noix dans du sel, les fleurs de chrysanthème, les graines de lotus mélangées à des dattes.

Acouphènes et pharmacopée

Dans les cas les plus sévères ou lorsque les autres techniques ne fonctionnent pas à 100 %, il est alors envisagé un traitement par les plantes avec des mélanges qui datent, eux encore, de plusieurs millénaires et qui ont fait leur preuve dans le traitement des acouphènes.

Les différentes causes d’acouphénie selon la médecine traditionnelle Chinoise 

Depuis plusieurs siècles la médecine traditionnelle Chinoise a listé un grand nombre de causes aux acouphènes. A ces causes profondes, sérieuses et pertinentes, il nous faut y ajouter toutes les causes actuelles dues à l’évolution de nos modes de vie dans notre société :
▶ Citons comme exemples : l’exposition à des volumes sonores élevés ou agressifs, l’usage de casques ou autres kits mains libres branchés à nos smartphones, l’exposition à des métaux lourds contenus dans l’eau du robinet ou dans certains aliments, l’ingestion de pesticides, les effets secondaires de vaccins ou de médicaments « ototoxiques », les antennes (ondes), le wifi, le bluetooth, les bouchons d’oreilles, les cotons-tiges etc.

Les études Chinoises actuelles montrent une progression constante de ces symptômes acouphéniques avec plus de 29 % des personnes de plus de 60 ans présentant ce trouble (étude de XU Xia effectuée auprès de 1149 personnes âgées de 60 ans et plus dans la province de Jiang Su). Le taux de prévalence augmente avec l’âge, l’augmentation de l’espérance de vie ayant considérablement accentuée le phénomène.

La médecine Traditionnelle Chinoise recherche les causes en profondeur. En parallèle à ces toxicités contemporaines, il s’avère intéressant de revenir au causes «ancestrales», celles décrites depuis des générations et qui nous permettent d’établir des principes de traitement en acupuncture, en massage, en diététique, en gi gong ou en plantes.

Reins, foie et acouphènes

Deux organes majeurs sont souvent cités dans les textes classiques pour orienter le praticien en médecine chinoise vers un traitement efficace. Ces deux organes sont les Reins et le Foie. Il est donc primordial de prendre en compte les déséquilibres possibles de ces deux organes pour rechercher les causes de l’acouphène.

▶ En médecine traditionnelle Chinoise, le rein correspond à l’oreille (comme le foie aux yeux ou le poumon au nez). Il se retrouve donc directement lié à tout ce qui touche à l’audition.

C’est la raison pour laquelle il est ici pertinent de mettre en avant d’autres causes connexes qui ont pu favoriser le déclenchement et l’aggravation des acouphènes : les maladies chroniques qui fatiguent les reins d’une part, la prise de substances d’autre part (médicaments consommés pendant l’enfance, vaccins, cortisone, paracétamol, ibuprofène, neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants…).

Les excès sexuels fatiguent aussi grandement les reins : il se trouve que les comportements sexuels actuels ainsi que les abus liés ont tendance à fragiliser l’équilibre de notre énergie ancestrale thésaurisée au niveau des reins. Celle-ci s’affaiblie considérablement avec les pratiques sexuelles. Or, d’après la médecine traditionnelle Chinoise, les riens sont en correspondance directe avec les oreilles et l’audition.

▶ Dans les grandes fonctions énergétiques des reins, nous retrouvons celles de l’appareil urinaire mais aussi de la reproduction, de la production de la moelle osseuse, du développement des os, du système endocrinien et du système nerveux.

Selon la MTC, les émotions toxiques peuvent affaiblir les reins mais aussi le foie. Frustrations, colères intériorisées et autres émotions négatives auront tendance à se cristalliser dans la zone du Foie. A noter que le surmenage physique et intellectuel peut aussi favoriser ce type de dysfonctionnement organique propice à causer des acouphènes.

Enfin, prenons conscience de la responsabilité de certains types d’alimentation dénuée d’énergie contenant des produits saturés de pesticides, hydrogénés, qui voyagent et redescendent dans des grandes surfaces pour finir dans les assiettes dans un état énergétique « pré-chié » (comme disait Jean-Pierre Coffe).

L’efficacité de le médecine traditionnelle Chinoise dans le cadre du traitement des acouphènes

Lorsqu’il est demandé de prouver l’efficacité d’une méthode thérapeutique, plusieurs options s’offrent à nous. La plus intéressante demeure le fait que les médecines traditionnelles sont le fruit d’une expérience accumulée depuis plusieurs millénaires. Ce sont donc des millénaires d’observations, d’écrits et de transmission de ces écrits qui apportent un éclairage quant au succès des différents traitements (massage, hygiène de vie, diététique, acupuncture, herbologie).

Malgré cela, force est de constater que la communauté scientifique occidentale exige des essais cliniques. C’est la raison pour laquelle ceux-ci se sont grandement accélérés depuis les années 2000 en Chine. Les hôpitaux Chinois ainsi que les revues médicales de médecine traditionnelle Chinoise publient ainsi régulièrement des études cliniques dont certaines portent sur les acouphènes.

L’hôpital de médecine Chinoise de la ville de San Men Xia présente une étude sur 55 cas d’acouphènes traités par acupuncture :

▶ 54.5 % de guérison : disparition des acouphènes et rétablissement de l’ouïe normale.
▶ 14.5 % de grande amélioration : réapparition occasionnelle des acouphènes ou diminution de leur fréquence.
▶ 25.5 % d’efficacité moyenne : diminution modérée des acouphènes devenus intermittents au lieu d’être permanents.
▶ 5.5 % sans efficacité.
L’hôpital de médecine chinoise de Xin Zhou, avec une étude sur 21 cas d’acouphènes, démontre une efficacité globale de 90 % :
▶ 76 % de guérison : disparition des acouphènes et rétablissement de l’ouïe normale.
▶ 14 % d’amélioration : diminution de l’intensité et de la durée, ou acouphènes bilatéraux devenant unilatéraux avec rétablissement de l’ouïe normale et disparition quasi-totale des symptômes associés.
▶ chez 10 % des personnes traitées, aucune amélioration constatée.
L’hôpital populaire N°1 de la ville de Wen Ling présente une étude sur 126 cas d’acouphènes traités par acupuncture :
 
▶ 36.5 % de guérison : disparition des acouphènes et rétablissement de l’ouïe normale sans rechute 6 constatée dans les 6 mois.
▶ 58 % d’amélioration : diminution nette de la fréquence des acouphènes.
▶ 5.5 % sans efficacité : aucune ou faible amélioration.

Ce sujet a été rédigé par notre équipe rédactionnelle suite à une interview exclusive de Jean-Marc TRIBOULET, membre du bureau de l’UFPMTC (Union Française des Professionnels de Médecine Traditionnelle Chinoise), praticien en Médecine Chinoise et directeur de l’école de médecine Chinoise SHENTAO à LYON. Un grand merci à M. Triboulet pour sa participation sérieuse et assidue à l’élaboration de cette publication originale.

Liens utiles :
▶ Site web de l’UFPMTC
▶ Site web de l’école SHENTAO

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